Le long feuilleton de l’adoption des lois de finances pour 2026 a pris fin début février. La mobilisation des associations, dont Ensemble & Solidaires-UNRPA, a permis d’arracher quelques victoires. Mais l’ambiance reste morose.
Le budget 2026 de la Sécurité sociale a été adopté le 16 décembre 2025, celui de l’État le 2 février dernier, au terme d’un processus chaotique et suite à l’utilisation du 49.3 pour le second.
Parmi les mesures phares, côté Sécurité sociale : la suspension de la réforme des retraites, l’instauration d’un congé supplémentaire de naissance, la limitation de la durée des arrêts de travail, la hausse de la fiscalité sur le capital via la CSG ou encore la création d’une surtaxe sur les mutuelles à hauteur d’un milliard d’euros (la hausse des cotisations pour les assurés est quant à elle différée à 2027).
Côté budget de l’État, l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités – que le gouvernement voulait remplacer par un forfait de 2 000 € par personne – a finalement été maintenu. « L’action est toujours payante et il ne faut jamais se résigner », a commenté le bureau national d’Ensemble & Solidaires-UNRPA, en évoquant le résultat des mobilisations auxquelles l’association a participé.
Car, en plus du maintien de l’abattement sur les pensions de retraite, les actions menées ont débouché – non pas sur des victoires – sur le maintien de certains acquis : « Le projet de gel du barème de l’impôt sur le revenu, qui induisait des augmentations d’impôts, a finalement été retiré et ledit barème actualisé en tenant compte de l’inflation », souligne le communiqué de presse d’Ensemble & Solidaires-UNRPA.
En revanche, le forfait hospitalier et la consultation aux urgences, qui ne devaient pas augmenter, ont subi une hausse de 4 € au 1er mars, contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps. Un recul qui ne satisfait pas la direction de l’association, par ailleurs inquiète de constater le niveau des déficits budgétaires. Le déficit du budget de la Sécurité sociale est en effet estimé à près de 19 milliards, tandis que celui de l’État s’établirait entre 120 et 130 milliards.
« Où le gouvernement compte-t-il trouver les milliards manquants ? », interrogent Roger Perret, Annie Petit et Francisco Garcia, avant d’en appeler à la détermination des retraités et des actifs pour défendre leurs droits. Car « l’Histoire a toujours démontré que rien ne vient tout seul ».
En chiffres
0,9 % pour les pensions de base, les minima sociaux et allocations
= les effets de l’inflation sont neutralisés
2,05 % de surtaxe exceptionnelle sur les complémentaires santé
= risque d’une augmentation des contrats, même si la loi l’interdit pour l’instant
20 % d’imposition minimale sur les plus hauts revenus
= la contribution exceptionnelle initiée en 2025 est reconduite
En 2 mots
Le budget 2026 a été adopté dans un contexte tendu. La mobilisation a permis de préserver certains acquis pour les retraités. Mais des hausses, notamment sur la santé, inquiètent. Ensemble & Solidaires appelle à rester vigilants.

