Le relookage des EHPAD en les renommant « Maisons France Autonomie » ne servira à rien s’il ne s’accompagne pas d’une véritable prise en charge de la perte d’autonomie.
Changer le nom ne suffira pas si les réalités du terrain ne changent pas.
C’est dans le cadre du pilotage du lancement de la Conférence nationale de l’autonomie, elle-même créée par la loi « Bien vieillir », que la ministre a présenté cette évolution.
Les établissements publics et associatifs font déjà face à des difficultés bien connues :
-Un manque de personnels qualifiés ;
-Des conditions de travail sous tension ;
-Des budgets insuffisants ;
-De fortes inégalités territoriales entre zones rurales et urbaines.
Pour que les Maisons France Autonomie ne soient pas un simple rebranding, il faudra :
-Un soutien financier réel aux établissements non lucratifs ;
-Une politique de recrutement ambitieuse assortie de rémunérations convenables ;
-Une articulation claire avec les plateformes autonomie et les solutions intermédiaires ;
-Une gouvernance territoriale lisible, dotée de moyens et respectueuse des réalités locales.
La ministre a annoncé que cette « transformation » des EHPAD se ferait « d’ici 2027 », précisant que l’idée n’est pas de s’inscrire dans une approche administrative complexe, mais d’accompagner la transformation des établissements existants en maisons ouvertes sur l’extérieur, en lieux de vie, afin que les personnes âgées se sentent chez elles.
Les priorités annoncées seraient notamment :
-De mieux connaître les besoins et les solutions existantes sur les territoires ;
-D’agir pour vieillir en bonne santé ;
-De valoriser les métiers de l’aide à domicile ;
-De diversifier les habitats partagés ;
-De labelliser les EHPAD en « Maisons France Autonomie » ;
-De réfléchir au soutien à apporter aux aidants.
Ces priorités font davantage craindre à des restrictions budgétaires qu’un engagement financier conséquent, au regard de la situation que nous connaissons, alors que, une fois encore, le plan « Grand âge » a été reporté sine die.
Pourtant, encore récemment, une étude de la DREES rappelait qu’à l’horizon 2050, la France comptera 2,8 millions de personnes âgées en perte d’autonomie, soit 738 000 de plus qu’aujourd’hui, et qu’il faudra créer entre 156 000 et 202 000 emplois supplémentaires d’aides-soignants en EHPAD et d’aides à domicile pour répondre aux besoins.
Combien de temps va-t-on encore rester dans l’attente de décisions et actions concrètes.
Pour sa part ENSEMBLE ET SOLIDAIRES_UNRPA continuera à dénoncer le manque de moyens humains et matériels dans les EHPAD, à exiger les financements nécessaires pour garantir un accompagnement digne et de qualité des personnes âgées dépendantes, à la hauteur des enjeux du vieillissement de la population.
Saint-Ouen, le 27 octobre 2026
Le Bureau National

